
L’esthétique médiévale/celtique/dongeon & dragons/mottés/cheveux longs/épées/guitares pointues/exhibition de virtuosité me plait à peu près autant qu’une infection des gencives ou un cor au pied. Et bon, je connais ma virilité, je ne ressens pas le besoin de me la re-prouver à chaque minute du jour (et quand je veux de la musique qui brasse, j’ai plus un bagage punk), mais ce documentaire est absolument fascinant. Pas de là à me faire écouter du metal (quoique j’ai du Tool, du Darkness et du Ministry à maison), mais certainement à me faire respecter un peu plus cette étrange culture, et imaginer ce que le metal peut atteindre et/ou générer, musicalement. Et les liens qui unissent la communauté des fans, me rappelle beaucoup ceux que j’ai connu dans la période rave du tout début des années ’90. Fort heureusement, l’anthropologue qui est derrière ce projet est un authentique metalead et non quelqu’un qui regarde ça avec distance, ou avec un oeil scientifique ou condescendant. Ça aurait été plate à mort.
( http://www.metalhistory.com/ )
6,5/10
J’ai acheté ce disque impulsivement, quelques heures après avoir lu une critique particulièrement emballée, et sur le coup, je l’ai un peu regretté. À la première écoute, j’ai trouvé ça très, TRÈS bon dans le genre, mais le genre en question, ça ressemble douloureusement au pseudo-punk-lobotomisé-fm-propret-de-rebellion-de-débés-gâtés-de-banlieue à la Green Day que les enfants de 4 ans écoutent de nos jours. Ma copine a dit : “on dirait la musique qui joue avant les films au cinéma”. On est pas loin d’Avril Lavigne, stylistiquement. Mais une fois le petit malaise narcissique passé, je me suis laissé découvrir cet heureux amalgame de pop, de country et de punk, assez différent de la sauce créée par Uncle Tupelo avec des éléments similaires il y a 15 ans. De la musique très simple, directe et honnête (l’honnêteté est particulièrement prenante quand c’est la fille qui chante), et franchement, après quelques écoutes, ça devient irrésistible. Ce qu’ils font avec les harmonies de voix devient parfois assez vertigineux (toujours dans une échelle très humble), je les entends, dans le studio, dire : “Combien ça en prend, des tracks de vocal pour faire dresser droits comme des i les poils de nuque de l’auditeur ? Au yâbe les dépenses !” Des fois, j’ai envie d’écouter ce disque à un point tel que ça relève presque de l’état de manque. C’est assez rare, des disque qui me font ça.
8/10

Chaque été a besoin de son chanteur tristounet (mais pas pleurnichard) accompagné de sa seule guitare (ça peut aussi être une chanteuse). Cette anée, c’est Rocky qui s’y colle. Parfait pour écouter en traînant sur la balcon, les longues soirées d’été après un bon steak sur le barbecue. Voyez ici le très chouette clip de White Daisy Passing, qui me fait beaucoup penser à ce que j’essaie de faire en bande dessinée.
( http://www.rockyvotolato.com/ )
Un autre essentiel dans cette catégorie, c’est le classique The creek and the cradle, de Iron & Wine
( http://www.ironandwine.com/ ).
8/10

Phoenix était pour moi un groupe “dance” (attention, “dance” français à la Zoot Woman, Air, Les Rythmes Digitales) qui a des tendances Rock’n'roll, à cause de leur premier album, qui contient les perles “If I ever feel better” et “Too young” (pour ceux pour qui la musique n’existe pas tant qu’elle n’a pas été dans un film, on entend “Too young” dans Lost in translation). Mais cette fois, ils ont fait un vrai disque de rock de char avec de discrètes touches “dance”. C’est bien, parce que le vrai rock de char, ça m’énarve, mais là, c’est juste assez subtil, détaché et naïf pour être agréable à écouter. C’est du petit ersatz de rock’n'roll assez charmant, un peu fashion victim, mais qui s’écoute très bien. Un vrai bon disque d’été qui met d’bonne humeur.
( http://www.wearephoenix.com/ )
6/10
J’éprouve beaucoup d’affection pour cette série de Vance et Louis Albert (mieux connu sous le nom de Greg, mais tant qu’à avoir un pseudonyme, je préfère Louis Albert). Certes, il y a un peu de Madeleine de Proust là-dessous, mais au-delà des creuses considérations nostalgiques, je la trouve assez spéciale.
Elle reflète particulièrement bien l’évolution de l’état d’esprit du monde occidental des années ’60 (plus naïves) à la fin des années ’70 (plus pessimistes). On commence la série avec un Bruno James Bond/Sherlock Holmes, agent secret solitaire, gentleman désinvolte. L’ambiance de la série est alors ludique et joyeuse. Gadgets, bagnoles, vêtements loufoques (ceux-çi resteront jusqu’à la fin, mais est-ce volontaire ?)… Greg ajoute bientôt à la série, sous l’influence assez claire de Mission: Impossible, une galerie de personnage secondaire qui constitieront le “Commando Caïman”. Une emphase plus tragique commence à s’infiltrer dans la série. Les épisodes deviennent plus sombres, plus intenses. La mise en scène se fait plus criarde. Vers la fin de la série, on devine l’influence des films catastrophes américains comme The poseidon adventure ou The towering inferno, qui sont eux même des conséquences de la conscientisation écologique, du fiasco de la guerre du Vietnam, etc. Au tome 9, l’épisode “hard boiled”, paroxystique et cathartique Quitte ou double pour Alak 6, la mission échoue, les agents secrets sont démasqués publiquement, humiliés, et zou ! On envoie la majeure partie de l’équipe se faire massacrer à la fin de l’épisode. Le tandem pondra ensuite quelques histoires courtes avec le noyau survivant (Brazil et Gaucho Morales), en plus d’une aventure inachevée, tentative un rien forcée de consituer un nouveau “Commando Caïman”, mais leur intérêt pour cette série semble alors éventé.
Greg écrit très bien. La qualité n’est pas selon moi dans CE qu’il écrit, mais bien dans sa manière de l’écrire. Au niveau des ambiances de fin du monde, Greg est un maître, comme il l’a démontré avec panache dans ses séries avec Hermann : “Comanche” et “Bernard Prince”. Mais ce qui m’intéresse le plus chez lui, c’est le mordant-gourmand de la musicalité de son écriture, dont font foi ses titres qui claquent. Une série qui comprend des titres comme Sarabande à Sacramento, Quitte ou double pour Alak 6, Le requin qui mourut deux fois, La nuit des chacals ou Commando Caïman ne peut pas être mauvaise. Les épisodes devaient être conçus dans un contexte assez frénétique. Greg, alors rédacteur en chef du journal “Tintin”, écrivait un beau paquet de séries en même temps. Ce climat doit largement contribuer à l’impression d’être assis sur un rond de poêle rouge que ressent le lecteur lorsqu’il lit une série d’aventure de Greg.
Les maniérismes du Vance de l’époque sont assez charmants. On sent vraiment le petit garçon européen qui jouait au cow-boy, et qui continue à être maladivement marqué par l’imaginaire américain avec ses durs à cuire caractéristique (si bien que le dessin de Vance n’a jamais été très souple, et qu’il a gagné en raideur au fil des années). Habituellement, cet éblouissement américain est quelque chose qui m’énerve, mais là, c’est fait avec une telle candeur que c’en est boulersant. Vance aimerait être un de ces durs de durs, et ses pages semblent nous dire : “Certes, je suis dessinateur de bande dessinée, mais je ne voudrais pas avoir l’air moumoune pour autant !” (discours qui est exactement le même que celui des auteurs underground des années ’90, non ?). Son travail sur la fusion de l’architecture, de la typo, de la mise en scène et de la mise en page est loin d’être inintéressant.
C’est assez comique de voir les auteurs sauter à deux pieds joints dans une manière plus artificielle de coller à leur époque : la mode. Au fil de la série, il est fascinant de suivre l’évolution du design. L’inclusion au commando d’un hippie avec une guitare-mitraillette dans Orage aux aléoutiennes et la séquence disco dans Quitte ou double pour Alak 6 sont des efforts particulièrement extrêmes. Encore là, la prédominance du design tendance est quelque chose que je trouve insupportable chez les auteurs actuels. C’est pour moi une méthode de séduction abusive qui relève de la tricherie. Un titre d’article de Truffaut m’a fait rire aux larmes, parce que je le trouvais plus juste que tout : “La mode : enthousiasme des imbéciles”. Mais force m’est de constater que passée la période critique de 20 ans (pendant laquelle ces pages auront l’air bien folles) ces pollutions fashion prennent tout leur sens, historique autant qu’esthétique.
D’épisode en épisode, on sent que Greg a du mal à bien incarner tous les personnages de l’équipe. Ça lui aurait pris, je crois, quelques épisodes de plus, ou des épisodes plus longs, contenant des scènes moins centrées sur l’action, ce qui était impossible, je le reconnais, vu la prépublication hebdomadaire dans “Tintin”. Ce n’est peut-être pas un hasard si les personnages qui meurent à la fin sont ceux qui étaient là au départ pour les raisons les plus superficielles –le cow-boy, le grand gamin, le p’tit frère, la pitoune… étrangement, le hippie survit (!)–, et qui n’ont jamais réussi à dépasser leur fonction première.
Somme toute, “Bruno Brazil” est pour moi une série bourrée de sens, qui dépasse de loin le plaisir coupable de la lecture de bande dessinée de genre, retro/kitsch de surcroît. Son arc dramatique global en dit très long sur les moeurs de l’époque. Mais attention, je ne propose pas une lecture parodique de cette série, je déteste le second degré méprisant et ce n’est pas ce qui motive mon appréciation et mon envie de la partager.
6/10

(à lire avec une voix un peu comme celle du monsieur du message enregistré quand on commande du St-Hubert, ou encore celle de Barbara “concerned” Walters)
Nous éprouvons en ce moment quelques difficultés techniques, mais pas d’inquiétude ! Nos techniciens travaillent d’arrache pied à refonter ce blog pour mieux vous servir.
(avec un bon glissando sur le “mieux” : miïyilleux ; et le “ir” de “servir” en atterrissage dans le velours)
La direction
Si vous faites partie de ceux et celles qui paniquent en ce moment parce que je ne réponds pas à mes messages, je m’excuse tout plein. Je fais de mon mieux pour pallier au plus urgent, mais le seul moyen d’avancer sur Superpouvoirs (le chapitre 2 de Ma voisine en maillot), c’est de débrancher le téléphone et d’éviter les courriels comme la peste (et ignorer les courriels pendant quelques jours, comme chacun sait, ça créé des amoncellements titanesques). Je m’étais donné juillet et août pour avancer là-dessus (deux mois par année, c’est raisonnable). De plus, j’ai eu des problêmes de machine et ma copine s’est cassé un pied. Chute de vélo. Je souhaite le bonheur éternel à la dame qui l’a ramenée à la maison et une syphilis tenace au chaffard montréalais (pléonasme, ici) qui l’a quasiment frôlée, la projetant par terre et qui a continué son chemin comme si de rien n’était.
Merci et à bientôt !
J
P.S. : Alex Toth est mort ! Fuuuuuck !









