Je viens de finir À la faveur de la nuit. (112 pages couleur, Les Impressions nouvelles).
Au départ, ce livre devait être un recueil de mes colosses, qui n’ont jamais traversé l’Atlantique et qui sont presque tous épuisés. Mais tant qu’à faire, je me suis dit que ce serait bien d’ajouter un peu de nouveau. Et je suis parti en peur. J’ai fait une cinquantaine de nouvelles pages, et la portion de matériel qui provient des colosses est devenue minime (et j’en ai redessiné une bonne partie). Je crois avoir assez bien fusionné le tout. Même pour les allergiques au ramassis, le verre sera au moins à moitié plein.
Le caractère érotique que m’avait initialement proposé l’éditeur a un peu pris le bord en cours de route. Il suffisait qu’on me demande de faire cochon pour que je fasse (enfin) autre chose. Bon, il y en a quand même, mais c’est pas dominant. Quoique…
C’est pas loin d’être un livre de genre. J’approfondis mes tentatives dans le domaine entamées en 2007 dans les colosses, mais sous une forme que j’espère plus accueillante et aboutie. J’ai passé ma phase de rejet du ton intimiste et mignon de mes premiers livres, mais je n’ai jamais eu l’intention de ne faire QUE ÇA.
C’est curieux pour moi de publier ce livre en Europe, et que l’édition européenne soit distribuée au Québec. Dans un monde idéal, les livres québécois seraient publiés en deux éditions dans la même langue, une pour le Québec, une pour l’Europe, histoire d’éviter le gaspillage de l’exportation, de bénéficier du travail promotionnel d’un éditeur sur place de part et d’autre de la mare, de garder des prix de détail raisonnables (nous essayons d’éviter ça sur ce titre) et surtout, de cultiver notre autonomie. Cette fois, ça ne s’est pas fait, puisqu’au moment de prendre les décisions, le livre n’était encore qu’un recueil des colosses, qui ont, même timidement, circulé au Québec, et que l’éditeur qui m’intéresse n’est pas tout-à-fait prêt à se lancer dans la couleur. Et disons qu’après avoir fait dix ans de guérilla dans l’édition au Québec, j’ai envie d’essayer autre chose.
D’habitude, quand je rédige ces notes post-bouclage, je termine par : « Alors rendez-vous ce vendredi dans tel ou tel festival, avec un peu de chance, l’imprimeur l’aura livré à temps ! ». Cette fois, la gestation sera plus longuette. Parution en octobre en Europe et en novembre au Québec.
Là, je dois prestement et vigoureusement enchaîner sur Comédie sentimentale pornographique (parution début 2011 chez Shampooing).
Bye !
J















