Je suis bien conscient que ce blogue ne doit pas être lu par beaucoup de racistes, d’homophobes, de misogynes, de pollueurs, de bigots et autres débiles de droite, mais il est certainement lu par pas mal d’apolitiques. Je n’entretiens pas d’illusions quant à mon pouvoir de faire changer autrui d’avis, mais, comme je dispose d’une tribune lue par ne serait-ce que trois personnes, je trouverais irresponsable de ne pas essayer.
Depuis la tombée du Gouvernement Harper de vendredi dernier, j’ai beaucoup lu de commentaires, notamment sur Facebook, de gens qui comptent s’abstenir de voter aux élections du 2 mai prochain. Les auteurs de ces commentaires tentent d’articuler et de justifier leur désengagement comme s’ils étaient de grands intellectuels utopistes qui voulaient renverser le système au complet, qu’aucun parti ne représentait parfaitement leurs idées, que d’un parti à l’autre, c’est du pareil au même, que le spectacle de la politique canadienne n’était que farandole ennuyeuse de gestionnaires gris obsédés par l’indépendance du Québec et des notions abstraites de budget, que la démocratie elle-même n’était qu’une grande farce… Bref, ils planent au-dessus de tout ça et ils agiront en se taisant.
Bon, à 14 ans (peut-être même à 24), j’aurais été bien d’accord avec eux, ça aurait validé ma paresse et ça aurait contribué à ma superbe de rebelle de pacotille. Seulement voilà, à un certain moment, devenir adulte, c’est aussi ne pas laisser son intégrité devenir nuisible, tant pour soi que pour la collectivité.
La droite est une grande tricheuse. Elle séduit son électorat en flattant ses pires aspects : son égoïsme, sa peur, son avidité, sa petitesse, sa pensée à court terme. Il est clairement plus facile de gagner quand on joue avec ces cartes, surtout quand on ose dire qu’on a Dieu de notre bord. La classe moyenne va se presser aux urnes pour défendre ces politiques monstrueuses même si elle est en est la principale victime.
Quand la gauche nous demande de nous mobiliser selon des principes de compassion, de solidarité et de pensée à long terme, on critique toujours qu’ils ne sont pas assez à gauche, trop à gauche, pas assez souverainiste, machin truc chose…
Et on laisse les odieux gagner.
Alors s’il vous plait, allez voter le 2 mai. Préparez-là dans votre coin, votre révolution, à la taverne, c’est très bien, organisez-vous, mais en attendant que vous puissiez vraiment agir, arrangez-vous pour qu’on ait au moins un avenir en votant pour les candidats les moins pires. Il y en a. Passez, par exemple, ce test assez bien foutu pour trouver ceux qui vous conviennent le mieux.
Merci (fin de la minute du sermonneur, retour au programme principal).
Jimmy