Je veux bien comprendre que la survie d’un éditeur/producteur puisse se retrouver menacée par des chiffres de vente ou des cotes d’écoute trop basses et qu’il doive à un moment tirer la ploggue sur un projet auquel il a cru, mais demander en amont au public de voter, soit sur un échantillon ou une prépublication (comme ce fût le cas dans Spirou et Tintin) est un procédé par lequel il ne fait que prouver son incompétence. Ou à tout le moins son manque de goût, de vision, d’instinct, de confiance et de simple professionnalisme. LE PUBLIC N’Y CONNAIT RIEN. Est-ce qu’on me demande avec quel ciment construire un viaduc ? Ou quel est le meilleur type de terre pour faire pousser des courgettes ? NON ! Les éditeur/producteurs sont censés être plus qualifiés, informés pour prendre ces décisions. La confusion entre succès public et qualité intrinsèque est le malentendu le plus exaspérant des métiers culturels.
Les campagnes de mobilisation sur internet et autres type sollicitation intrusive (si ce n’est pas un pléonasme, ça devrait l’être) m’énervent tout autant.
Demander l’avis des nerds internautes ? On n’a qu’à lire quelques minutes sur n’importe quel forum, ou les commentaires sur cinemamontreal.com, pour se faire une idée de leurs attentes narratives et du rapport qu’ils entretiennent avec la réalité.
Et comme tout citoyen qui se respecte, je me fais un point d’honneur d’éviter de participer à la publicité de grosses marques comme Burger King.
Alors vous vous rendez compte de ce que ça me demande pour être contradictoire au point de vous suggérer d’aller voter pour le pilote de Ben Jones pour Adult Swim (en cliquant sur les mots qui précèdent cette parenthèse). C’est à ce point que j’aime le travail de Ben Jones. Si cette série ne se fait pas, l’humanité sera ratée.
J
P.S. : tant qu’à baigner dans la contradiction, toutes mes félicitations à Michel Rabagliati pour son Prix du public à Angoulême !















